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Groupe d'analyse politique GAP
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Savoirs et idéologies en politique, 2012-2013

Savoirs et idéologies en politique Genèse, circulation, transmission Calendrier des Séances 2012-2013 Un Mercredi par mois, de 14h à 16h — Bâtiment F — Salle des Conférences (F352) - Université Paris Ouest Nanterre 14 novembre 2012 : Jean-Louis Fournel (Paris 8), autour de l’ouvrage collectif Liberté(s) et libéralisme(s). Formation et circulation des concepts, dir. par J.L. Fournel, J. Guilhaumou, J.-P. Potier, ENS Éditions, 2012. 12 décembre 2012 : Emmanuel Didier (...)

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Séminaire de recherche 2012-2013 : André Siegfried et le Tableau politique de la France de l’Ouest

André Siegfried et le Tableau politique de la France de l’Ouest 14h —17h Salle des actes (F141) — UFRDSP — RER/SNCF « Nanterre-université » Mercredi 6 février 2013 : Bernard Lacroix « Comment travailler un auteur au corps » Mercredi 27 février 2013 : Mathilde Sempé « Retour sur la construction de la figure fondatrice d’André Siegfried : hommages et commémorations » Mercredi 6 mars 2013 : Christophe Voilliot « André Siegfried et la candidature officielle » (...)

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Savoirs et idéologies en politique, 2011-2012

Savoirs et idéologies en politique Genèse, circulation, transmission Séminaire du Groupe d’Analyse Politique Un Mercredi par Mois, de 14h30 à 16h30 Bâtiment F — Salle des Actes (141) Calendrier des Séances 16 novembre 2011 : « Comment peut-on être économiste (au XVIIIe siècle) ? Contribution à une généalogie de la croyance économique », par Arnault SKORNICKI (GAP, Paris Ouest Nanterre) 14 décembre 2011 : « Comment peut-on être européaniste (en Corée du Sud) ? Genèse (...)

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- Savoirs et idéologies en politique, 2012-2013

- Séminaire de recherche 2012-2013 : André Siegfried et le Tableau politique de la France de l’Ouest

- Savoirs et idéologies en politique, 2011-2012

- Séminaire Savoirs et idéologies en politique 2010-2011

- GAP : Réunion de rentrée

- Gap : Conseil de laboratoire

- Séminaire de recherche : savoirs et idéologies en politique

- Séminaire de recherche : la construction sociale de l’opération électorale

- GAP : réunion de rentrée

- GAP : séance du 1er juin 2009




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Publications du Gap
Eléments de science politique

Christophe Voilliot, Eléments de science politique, L’Harmattan, Logiques politiques, Paris, décembre 2010, 208 pages Ce livre, fruit d’un travail pédagogique collectif, témoigne de la situation paradoxale de la science politique française contemporaine. Influencée par l’ensemble des sciences sociales, notamment par la sociologie, cette discipline est difficilement accessible aux non spécialistes. Cet ouvrage propose une version unifiée sur des éléments de science (...)

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L’Etat démantelé. Enquête sur une révolution silencieuse

Vient de paraître : Laurent Bonelli et Willy Pelletier (dir.) L’Etat démantelé. Enquête sur une révolution silencieuse, La Découverte, Paris, septembre 2010, 324 pages. Résumé Dans le débat public, les diagnostics alarmistes sur la « crise de l’État-providence », et les procès contre l’État-redistributeur, ont laissé place à toujours plus d’injonctions à « réformer l’État ». Cet impératif est devenu le point de ralliement d’élites politiques (de droite (...)

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Nouveau manuel de science politique

Nouveau manuel de science politique Antonin COHEN, Bernard LACROIX, Philippe RIUTORT Ce Nouveau manuel propose une vaste présentation des connaissances disponibles en science politique. Unique manuel collectif en langue française, mobilisant l’expertise de plus de 70 auteurs, il réunit les meilleurs spécialistes des nombreux thèmes abordés. La diversité de ces thèmes, des objets les plus classiques de la discipline aux sujets les plus contemporains, le traitement novateur de (...)

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- Eléments de science politique

- L’Etat démantelé. Enquête sur une révolution silencieuse

- Nouveau manuel de science politique

- Vulgarisateurs, essayistes, animateurs.

- L’Europe sociale n’aura pas lieu

- La France a peur. Une histoire sociale de l’"insécurité"

- Les ravages de la « modernisation » universitaire

- Sociologie de la communication politique

- Amour, Gloire et Crampons. Pour une sociologie du foot

- L’ivresse des sondages

- La canonisation libérale de Tocqueville

- L’utopie communautaire (réédition)

- Eugène Spuller 1835-1896. Itinéraire d’un républicain entre Gambetta et le Ralliement

- La candidature officielle. Une pratique d’État de la Restauration à la Troisième République

- Les formes de l’activité politique. Eléments d’analyse sociologique, du XVIIIe siècle à nos jours




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Annonces Diverses
Pour une épistémologie du capitalisme - Séminaire d’équique SOPHIAPOL 2010-2011

Pour une épistémologie du capitalisme - Séminaire d’équique SOPHIAPOL 2010-2011 PROGRAMME 2010-2011 Lundi 8 novembre 2010, 14h-16h : Alain Caillé (Sophiapol /Univ. Paris Ouest Nanterre) donnera une conférence intitulée « Capitalisme, parcellitarisme et démocratie ». Lundi 10 janvier 2011, 14h-16h : Bruno Tinel (CES/Univ. Paris 1) donnera une conférence intitulée « Les transformations récentes du courant dominant en économie lui permettent-elles de (mieux ?) rendre compte du (...)

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Idéologies d’hier, Idéologies d’aujourd’hui, séminaire 2010-2011

http://www.u-paris10.fr/69251820/0/fiche___pagelibre/&RH=1258638513074

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Centre de Sociologie Européenne. Séminaire du 3 mars 2008

Centre de Sociologie Européenne. Séminaire du 3 mars 2008 Bertrand Geay, Le sens pratique de l’étudiant protestataire. Conditions objectives et conditions subjectives du mouvement contre le CPE Discutante : Isabelle Sommier Attention la séance aura lieu au Site Pouchet : 59-61 rue Pouchet - 75017 Paris, salle 159 - de 10h à 12h.

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- Pour une épistémologie du capitalisme - Séminaire d’équique SOPHIAPOL 2010-2011

- Idéologies d’hier, Idéologies d’aujourd’hui, séminaire 2010-2011

- Centre de Sociologie Européenne. Séminaire du 3 mars 2008

- Les acteurs de l’Europe, 18 janvier 2008

- Centre de Sociologie Européenne. Séminaire 2007-2008

- Lire les sciences sociales, 8 juin 2007

- Lire les sciences sociales, 16 mars 2007

- Comment étudier les idées ?(2)

- Actualité d’Abdelmalek Sayad

- Relégation urbaine et politique :comment dit-on l’injustice ?

- Comment étudier les idées ?

- Lire les sciences sociales : Quartiers sensibles

- Politique et classes populaires

- Les usages de l’histoire en science politique

- Le corps et la santé. Dialogues autour de Norbert Elias




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Membres du Gap

Déclaration de politique scientifique

Groupe d’Analyse Politique

2005 - 2008


Les recherches poursuivies au Groupe d’Analyse Politique concernent l’Etat, l’action de l’Etat et les transformations de l’action et des représentations de l’Etat. Elles visent à constituer l’Etat en objet d’analyse scientifique en échappant aux formes routinières de pensée d’Etat qui (comme on peut l’observer avec le juridisme et la philosophie de l’histoire), en donnant aux chercheurs l’impression de penser l’Etat, restent des contributions intellectuelles au fonctionnement de celui-ci. Elles s’organisent de ce fait à partir d’un point de vue spécifique, progressivement précisé, sociologique et historique à la fois, et qui doit beaucoup au travail de N. Elias et de P. Bourdieu : prendre au sérieux l’idée de construction sociale de l’Etat et de construction sociale de la politique par l’Etat (parce que c’est un point de vue historique conséquent) mais sans céder à la croyance que les réalisations étatiques peuvent être décrites en terme de réussite ou d’échec d’entreprises immédiatement observables, et ceci bien qu’il ne fasse pas de doute que l’Etat n’a pas d’existence en dehors ou au-delà des formes de son action.

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Activités des membres


- Le métier parlementaire

- La politique au scalpel. Une nouvelle collection chez Syllepse

- Un ennemi anonyme et sans visage

- Unité et diversités politiques françaises au lendemain des élections des 21 et 28 mars : essai de diagnostic sociologique

- Bien se tenir à la chambre

- Activités des membres


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Quelques membres

- Romano Joseph

- Bonelli Laurent

- Lehner Paul



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Scalpel
Cahiers de sociologie politique de Nanterre
Numéros en ligne
Numéro 1

- Scalpel pour quoi faire ?
- La « crise de la démocratie représentative en France ».
- Pension, corruption, trahison
- Élu des villes, élu des champs
- Conjonctures électorales et conjectures préfectorales
- Un document d’André Siegfried
- Mafias et politique en URSS
- Variation d’emprise sociale et dynamique des représentations
- Un nouveau paradigme sociologique ?
- Lectures critiques : Nathalie Heinich, La gloire de Van Gogh Essai d’anthropologie de l’admiration
- Lectures critiques : Anne Tristan, Au Front
- Lectures critiques : Norbert Elias, La société des individus

Numéro 2-3

- Perspectives pour une recherche
- Le droit et l’écrit
- JACK GOODY Éléments commentés de bibliographie
- « Au nom du nom » ou comment investir son poste. Le cas des éditorialistes d’Europe 1
- Objets d’élection : les manuels électoraux français (1790-1995)
- Faux concept et vrai problème : La « volatilité électorale »
- La « Révolution des fauteuils » au Parlement européen
- Lectures critiques : Yves Déloye, École et citoyenneté, Paris, Presses de la FNSP, 1994.
- Corpus bibliographique des manuels électoraux français (1790 - 1995). Partie 1.
- Corpus bibliographique des manuels électoraux français (1790 - 1995). Partie 2.
- Corpus bibliographique des manuels électoraux français (1790 - 1995). Partie 3.
- Lectures critiques : Philip Nord, The Republican Moment. Struggles for democracy in nineteenth-century France,Cambridge, Harvard university press, 1995.

Numéro 4-5

- 1968, 1995 : question de point de vue
- Le mouvement social dans le miroir de ses manifestations : pouvoir des mots et modes d’expression de la grève de novembre-décembre 1995
- L’autodidacte et le mouvement social
- Un métier exposé : les contrôleurs SNCF
- Remarques sur quelques chronologies d’origine syndicale du mouvement social de l’automne 1995
- Terrains
- A.G. des cheminots de la gare Saint-Lazare jeudi 14 décembre 1995
- « Faites un groupe »
- D’aujourd’hui à hier et d’hier à aujourd’hui : le chercheur et son objet
- En France, trente ans après, comment analyser mai 1968 ?
- Les armes de la théorie : les intellectuels mobilisés de 1968
- Eléments pour une histoire comparée de mai 68 en France et en Allemagne
- Lectures critiques : Christine Guionnet, L’apprentissage de la politique moderne. Les élections municipales sous la monarchie de Juillet, Paris, L’Harmattan, « Logiques politiques », 1997
- Lectures critiques : Norbert Elias, Mozart, sociologie d’un génie, Paris, Seuil (coll. La librairie du XXè siècle), 1991
- Lectures critiques : Marcel Mauss, Ecrits politiques, Textes réunis et présentés par Marcel Fournier, Paris, 1997, 802 p.
- Lectures critiques : Jean Garrigues, La République des hommes d’affaires : 1870-1900

Christophe Voilliot

Lectures critiques : Philip Nord, The Republican Moment. Struggles for democracy in nineteenth-century France,Cambridge, Harvard university press, 1995.



Revisitant une hypothèse bien ancrée dans certains travaux français faisant de l’institutionnalisation de la IIIème République la fin d’une ère révolutionnaire [1], l’historien américain Philip Nord a eu recours dans son récent ouvrage The Republican Moment aux théories de la transition aujourd’hui dominantes dans la science politique américaine. Ces théories, issues de travaux sur l’Amérique latine ou l’Europe du Sud, étudient la libéralisation et la démocratisation de régimes autoritaires à partir du rôle des élites et des pactes conclus lors des phases de transition [2]. Du fait de ce parti pris méthodologique, il est amené à s’intéresser à la formation des élites républicaines sous le Second Empire, au sein de différents espaces sociaux, afin de comprendre comment se forme un espace public et une culture politique autonome. Si les réponses fournies à cette interrogation initiale ne valident guère l’appareil théorique emprunté à ses collègues de Princeton, Philip Nord nous livre néanmoins de précieuses analyses dont la lecture, à la lumière d’hypothèses de travail en partie différentes des siennes, peut fournir au politiste de précieuses indications sur les prémisses de la construction sociale de l’État parlementaire en France.

Philip Nord va successivement tester son hypothèse d’une résurrection de la société civile sous l’Empire à travers l’étude de la franc-maçonnerie, de l’Université, de la Chambre de commerce de Paris, des consistoires juif et protestant, du barreau de Paris et des peintres impressionnistes. Au sein de chacun de ces espaces sociaux, il repère des oppositions entre anciens et modernes qui en se structurant fournirent des lieux, des ressources, des justifications théoriques aux opposants au régime de Louis-Napoléon Bonaparte, et participèrent ainsi à la reconstruction du mouvement républicain. « Ces luttes institutionnelles diverses n’étaient en aucun cas des phénomènes isolés. Elles se croisaient et se superposaient, recrutant à partir d’un fonds commun de militants. Elles étaient liées par une même rhétorique démocratique, l’ensemble constituant l’infrastructure du renouveau d’un mouvement républicain » (p. 251) [3]. Cette alliance s’explique par une homologie de positions entre ceux qui revendiquaient une plus grande démocratie au sein de leurs organisations et les républicains qui formulaient les mêmes voeux quant aux institutions politiques. Ces études sectorielles nous font donc entrevoir la genèse d’un mouvement plus vaste, mais dont la réussite à partir de 1870 n’est pas compréhensible si l’on ne prend pas en compte ces luttes antérieures.

Ainsi le combat de l’Union nationale du commerce et de l’industrie contre les notables de la Chambre de commerce de Paris porta entre autre sur les conditions d’éligibilité à cette dernière. Les commerçants et les petits industriels regroupés au sein de l’UNCI réclamaient une « démocratie commerciale », c’est-à-dire l’application du suffrage universel et de la liberté de suffrage aux élections à la chambre de commerce. Ces luttes sectorielles contribuèrent à la politisation de ces « nouvelles couches » dont se réclama ultérieurement Gambetta. Comme le souligne Philip Nord, « un conflit à propos de l’accès au droit de vote dans le monde du commerce était par conséquent transposé en une confrontation entre privilège impérial et démocratie républicaine » (p. 54). L’adhésion ultérieure au républicanisme politique de ces fractions de la moyenne bourgeoisie s’explique ainsi par le fait que le discours républicain s’accordait aux logiques pratiques de leurs actions dans le monde du commerce.

Le rôle des loges maçonniques dans la formation du personnel politique républicain a souvent été évoquée. Mais l’origine de ces affinités est à chercher, selon Philip Nord dans les luttes des loges dissidentes contre la tentative du pouvoir impérial de contrôler la franc-maçonnerie en nommant Lucien Murat grand maître en 1852. « Le caractère autoritaire et le comportement de l’État bonapartiste ont conduit les Francs-maçons dans la voie de l’engagement républicain, mais il y furent également tirés de l’intérieur »(p. 21).Ces loges dissidentes élaborèrent des revendications démocratiques en contestant les règles d’élection internes au Grand Orient, revendications dont on trouve l’écho dans les discours ultérieurs des républicains sur les élections.

Les peintres de la « jeune école » émirent des revendications démocratiques analogues dans leur combat contre l’aristocratie conservatrice des salons qui leur refusait le droit d’exposer leurs toiles. Ils trouvèrent des alliés dans la presse républicaine, également en position dominée. « Leur agenda institutionnel était congruent avec un projet républicain plus englobant »(p. 140). Philip Nord opère le même constat pour les universitaires libre-penseurs et néo-kantiens, l’Alliance israélite universelle, l’Union protestante libérale ou les conférences de stage du barreau de Paris.

Pour cet auteur, l’ensemble de ces luttes contribuèrent à la formation d’une culture politique républicaine, dont il trouve les traces dans le culte de Voltaire, les funérailles civiles, les dictionnaires de Larousse ou de Littré, etc. Payant son tribut à l’histoire des mentalités, il place sur le même plan que les luttes précédemment mentionnées toute une série d’enjeux plus abstraits, même s’ils furent présents dans des débats intellectuels, comme la place de la femme dans la société, l’éducation des enfants, la décoration intérieure, afin de préciser le contenu de cette culture politique. « Peut-être plus que les luttes électorales, ce sont les batailles autour de mots et de symboles qui ont contribué à définir l’identité républicaine »(p. 216).

C’est à ce stade de la démonstration qu’il me semble nécessaire de réinterpréter les éléments mis à notre disposition par le livre de Philip Nord, tant la notion de political culturereprésente un obstacle à la compréhension de processus effectifs. Ce n’est en effet pas l’existence d’une culture politique républicaine qui peut servir à expliquer le succès du régime qui émerge à la faveur de la défaite militaire du Second Empire. C’est dans le prolongement, dans un contexte de crise, des luttes antérieures qu’on peut voir se construire ce qu’on appellera par la suite le « parti républicain ». Les mobilisations multisectorielles observables dans un contexte de fluidité politique à partir de septembre 1870, ont eu pour effet la synchronisation des mobilisations antérieures relatées par Philip Nord, dans un sens favorable à la recherche de solutions institutionnelles à la crise [4]. L’intérêt de ce travail est donc de nous montrer ce qui rend possible de telles mobilisations, notamment à travers les activités des acteurs sociaux aux frontières des différents espaces.

Cette lecture est pour une part paradoxale, car elle ne prend pas en compte les présupposés théoriques de cet ouvrage. Mais ce n’est pas, me semble-t-il, faire injure à l’historien que de reprendre « les trésors rassemblés et révélés » [5]par ses travaux pour analyser la construction sociale de mécanismes et de formes politiques singulières. Le livre de Philip Nord peut, par exemple, nous inciter à déplacer notre regard sur les débats concernant les procédures électorales. La dénonciation par les républicains des procédures utilisées par le régime bonapartiste peut en effet être rapprochée de l’ensemble des luttes pour l’imposition de nouvelles procédures au sein des différents secteurs étudiés par l’auteur. Les convictions des républicains en matière électorale prennent là leurs sources, et non pas uniquement dans les élections « politiques » stricto sensu. Autant de raisons supplémentaires pour nous inciter à abandonner l’idée que l’enracinement du régime républicain ne s’explique que par l’abandon par les républicains de leurs velléités révolutionnaires.




[1] . Notamment les travaux de François Furet, La Révolution, 1770-1880,Paris, Hachette, coll. pluriel, 2 volumes, 1988.

[2] . Pour une présentation de ces théories cf., O’Donnell (G.), Schmitter (P. C.), Whitehead (L.), eds., Transitions from Authoritarian Rule, Baltimore, The John Hopkins university press, 4 volumes, 1986.

[3] . Traduit de l’anglais par mes soins.

[4] . Je m’appuie ici sur les concepts développés par Michel Dobry dans Sociologie des crises politiques,Paris, Presses de la FNSP, 1986.

[5] . Cf. Bernard Lacroix, « Ordre politique et ordre social. Objectivisme, objectivation et analyse politique », in Grawitz (M.), Leca (J.), Traité de science politique,Paris, PUF, 1985, tome 1, p. 522.



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