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Cahiers de sociologie politique de Nanterre
Scalpel

Corpus bibliographique des manuels électoraux français (1790 - 1995). Partie 3.

Auteur

ANNEXES

Dossier documentaire comprenant couvertures et extraits de manuels électoraux

(reproduire ici la couverture du Code des électeurs de 1790)

cote : Bibliothèque Nationale 8° Le 8/90

(doc 1) (une page)

(reproduire ici le Manuel électoral à l’usage de MM. les Électeurs, 1818)

cote : Bibliothèque Historique de la Ville de Paris 8° 606565

(doc 2)

Extrait de Desprez-Rouveau (A.), « avocat », Code de l’Electeur constituant ou Guide Manuel des Elections politiques pour 1848, Paris, Lévy, 1848, 36 pages, 25 centimes

pages 33-34 : chapitre X - Qui doit-on nommer représentant ?

« [...] 83 - Le devoir impérieux de tout électeur, c’est de ne donner sa voix qu’en vue de l’intérêt public. Celui qui vote en faveur d’un candidat par affection ou pour faire plaisir à un parent, à un ami, commet un crime de lèse-nation ; c’est comme si, revêtu des fonctions de juge, il ne rendait pas la justice selon sa conscience, mais qu’il jugeait selon ses amitiés. 84 - Nous ne voulons pas prévoir le cas où un suffrage serait vendu pour de l’argent ou moyennant quelque récompense. Ce sont là des scandales dont le gouvernement de Louis Philippe, érigé en corrupteur général, nous a donné le triste spectacle ; ils ne se reproduiront plus sous la République. [...]

91 - Ne vous laissez pas séduire par le langage brillant, par l’abondance et la facilité de paroles d’un candidat ; jugez un homme, non par ce qu’il dit avec élégance, mais par ses antécédents. Informez vous auprès de ceux en qui vous avez confiance ; ne vous contentez pas de renseignements vagues, prenez autant de soins pour vous éclairer sur la moralité et la valeur intellectuelle d’un candidat inconnu, que vous en prendriez pour connaître la main qu’on vous proposerait pour votre fille. »

****

Extrait de Martin (Henri), Manuel de l’Instituteur pour les Elections, publié sous les auspices du Ministre provisoire de l’Instruction publique et des Cultes, Paris, Pagnerre, 1848, 31 pages, 15 centimes

pages 20 et s. :

« chapitre 4 - Devoirs des citoyens dans l’Election

[...] LE CITOYEN

D’après ce que vous m’avez appris de la Constituante, je conçois que l’acte que vont faire les Français en allant voter aux élections est le plus grand acte qu’ils auront jamais à faire de leur vie comme citoyen.

L’INSTITUTEUR

Vous dites vrai. De ces élections, bonnes ou mauvaises, dépend le sort heureux ou malheureux de la France et par conséquent, de tous les Français, dont le sort est indissolublement lié au sort de la Patrie.

LE CITOYEN

C’est donc un devoir absolu pour tout citoyen d’aller voter.

L’INSTITUTEUR

C’est le plus saint de tous les devoirs. S’abstenir de porter son vote, ce serait quelque chose de comparable au suicide, si sévèrement condamné par la religion et par la Morale. Ce serait tuer le citoyen en soi, et se faire comme étranger dans la République.

LE CITOYEN

Dans quelles dispositions le citoyen doit-il se présenter aux élections ?

L’INSTITUTEUR

Dans les mêmes dispositions où il devrait être pour paraître devant Dieu : avec un coeur sincère,une volonté droite, purifié de toute haine et de tout intérêt personne [...]

LE CITOYEN

Quels représentants faut-il envoyer à la Constituante ? Sont-ce les plus spirituels ou les plus riches ? Ceux qui ont le plus de savoir ou ceux qui parlent avec le plus d’éloquence ?

L’INSTITUTEUR

L’esprit est bon ; la science et l’éloquence sont bonnes ; la richesse n’est pas mauvaise quand on en use bien ; mais il y a quelque chose de mieux, Louis Philippe et ses partisans ont eu tout cela, et ils sont tombés ! Et ils ont mérité leur chute ! Il y a quelque chose qui est au-dessus de l’Esprit, de la Science et de la Richesse, c’est le sens droit et le bon coeur. La République doit être le règne des braves gens et des hommes de bonne volonté. »

***

Extraits de (Achille Philippe), Le sens commun de Jacques Maillotin, à propos des Elections générales de la République Française, Paris, Bonaventure & Ducessois, 1848, 16 pages, 10 centimes

pages 3 et s. :

« J’ai le coeur gros, mes frères, à l’approche de ce jour du jugement qui va décider du sort de la patrie, et il faut que je m’en explique avec vous. Constituante, ou quoi que vous appeliez le Club souverain qui va règler les affaires de notre grande famille, c’est une fière besogne à coudre, et il faut des ouvriers passés maîtres pour ajuster et rapprocher les pièces que nous avons taillées. Dire pourtant que de rien que nous étions hier, que de pauvres artisans vivant au jour le jour, nous sommes aujourd’hui ce qu’est un chacun de 21 ans, avec ou sans argent, il y a de quoi faire croire au Bon Dieu pour ceux qui se faisaient les plus crânes contre la Religion ; car c’est là un miracle, ou je ne m’y connais point, un miracle à faire pâlir la Bible.

Nous avons tous le droit de voter : c’est bientôt dit et bientôt fait ; mais entre nous, j’en ai la chair de poule, et voici pourquoi :

Je ne suis pas plus qu’un autre tombé sur le nez à l’endroit du patriote ; j’aime mon pays, ce beau pays de France, autant qu’un bon fils peut aimer sa mère. Mais cet amour ne suffit pas à déchiffrer le blé de l’ivraie lorsqu’il s’agit de choisir un bon numéro dans ce gros sac de candidats, tous beaux parleurs, tous cousus de vertus et de dévotion pour nos intérêts. Le Temps est court et la leçon est longue à apprendre. Je suis assez vieux pour me méfier des langues dorées, et comme en cette matière je ne vous tiens pas pou plus savants que moi, voyons un peu à nous entendre, pour nous tirer de là sans le moindre mal possible envers la République, c’est à dire envers nous mêmes ses enfants. Comme on fait son lit on se couche ; secouons donc nous mêmes la paillasse du grand dortoir, si nous ne voulons pas tomber dans la ruelle pour laisser la bonne place aux intrigants qui nous ont si longtemps réduits à la dure. Vous me direz : il y a les clubs, où l’on ne dissèque pas mal l’histoire des particuliers qui nous veulent représenter. Les clubs ont du bon, j’ajouterai même du fort bon, et m’est avis qu’il y a beaucoup à gagner en instruction utile dans certains clubs. Dans ces temps où l’ouvrage n’est pas dru, j’en ai pris ma bonne part de ces discours de clubs ; il est vrai qu’on nous parle trop souvent comme à des avocats qui sont ferrés à tout comprendre, que d’aucuns brouillons vous y troublent la tête qui n’est pas très claire déjà, en se mêlant trop des affaires du provisoire qui, Dieu sait, s’entend à notre maladie depuis bientôt six semaines que nos rubans de queue s’en vont toiser la place de Grève. Allons toujours aux clubs autant que çà ne contrariera pas l’affaire du pain quotidien ; nous y glanerons bien quelque chose à notre profit, et il n’y a pas de raison pour rester là où l’on dirait des bêtises à nous faire chavirer ; car qui veut aller loin ménage sa monture. A défaut de grande compréhension, nous avons toujours le bon sens ; va donc pour le bon sens, et voyons.

A sentir l’averse des professions de foi qui nous tombe sur le dos, on dirait que cette France aux frelons l’autre jour, ne compte plus que des abeilles se disputant à l’envi la tâche de remplir les rayons de la patrie. Les candidats semblent sortir de terre, comme les vers après la pluie, et à les en croire, il n’y aurait que la peine de les prendre les yeux bandés. Pour moi je pense qu’il fait bon mentir à qui vient de loin, et que les oeuvres sous nos yeux valent mieux que les promesses au loin ; donc je conseillerai, avant tout, préférence à ceux que nous avons vu travailler devant ou autour de nous ; il n’est pas besoin pour cela que le candidat soit de notre village ou de notre département. Cette opinion, mes frères, n’est pas contre les vieux éprouvés dont les noms sont chers à tous les citoyens de France. Ceci posé, examinons si notre homme a été électeur sous le régime défunt, et demandons lui compte de ce qu’il a fait alors de son vote. Quelque gangréné qu’ait été un canton, il y restait toujours un petit coin d’opposition où pouvait se réfugier un honnête homme ; c’est là le premier essai à notre pierre de touche ; et point de pitié pour celui qui ne peut s’en tirer les mains nettes. Il y en a qui, pour se blanchir, vous diront qu’ils n’ont pas voté du tout ; de ceux-ci méfiez-vous deux fois ; gens à vouloir conserver et le chou et la chèvre, qui n’ont pas le courage d’une action franche, qui ne sont que des lâches, des égoïstes que la royauté a dédaigné d’acheter, et qui ne voulaient pas se donner gratuitement à la patrie : Arrière donc les lâches avec les vendus. A ceux qui n’avaient pas assez d’argent pour payer l’impôt de vote, nous avons le droit d’adresser des questions sur l’emploi de leur vie, sous la Monarchie. Jugeons-les surtout sur leurs rapports avec le peuple d’autrefois, c’est à dire le pauvre, l’ouvrier. Que celui qui a refusé de serrer la main tannée par le labeur, qui a prêté assistance quelconque aux oppresseurs contre l’oppressé, qui a changé de bannière avec les girouettes du pouvoir, qui n’a salué l’avènement de la République qu’en faisant la grimace et regardant derrière lui ; que celui là soit biffé de la liste de nos représentants. [...] »

pages 8 et s. :

« Parmi les nouveaux républicains, méfiez vous cependant des braillards, qui crieront plus haut que vous contre ces pauvres diables de princes et de rois : il en est de ces patriotes empaillés qui, par mauvais dessein, vous pousseraient volontiers à vous empâter dans quelque gâchis au profit de tel ou tel prétendant pour nous museler de nouveau. Soyez aussi en garde contre la charité ou la générosité de certains hommes qui s’improvisent tout à coup vos amis, par des largesses de cabaret. Rappelez-vous que l’on empoisonne les mouches avec des liquides sucrés, et que tout candidat qui sollicitera votre suffrage par l’entremise du marchand de vin est un corrupteur, un ennemi qu’il faut fuir et démasquer.

Soyez donc forts contre ces basses tentations : le vin est un mauvais guide pour marcher droit ; et qui veut porter la tête haute le lendemain ne doit point perdre la raison la veille. Egaux aux plus puissants de la terre de France, soyons fiers des droits qui nous nivellent, et ne nous laissons pas vaincre en tempérance, en modération, par ceux qui sont jaloux de nous voir leurs pairs. Contre la corruption par l’or, je vous tiens bien gardés ; vous avez foulé aux pieds les trésors dans les palais du roi renversé. Vous ne vous aviliriez point à ramasser le salaire de votre honte, en vendant les fruits de votre victoire. Songez aussi que ce Dieu qui vous a assistés au grand jour de la bataille, et qui vous regarde de là-haut, peut vous laisser retomber dans les fers qu’il vous a aidé à briser ; car bien fou serait celui qui nierait que l’Eternel n’a pas lui même frappé ce trône que vous avez brûlé ! Non, mes frères, la calomnie qui voudrait mordre à votre gloire, vous la refoulerez vers le camp de vos ennemis ; vous vous montrerez plus que républicains vulgaires, vous serez citoyens purs, généreux, inaccessibles aux séductions, comme vous l’avez été à la peur. Le Monde, qui a applaudi à votre triomphe, applaudira aussi à l’usage que vous ferez de votre conquête. [...]

Maintenant, si, par imprudence, faiblesse ou persuasion, il en est parmi vous qui ont promis par avance leur vote en faveur de tel ou tel candidat réprouvé depuis, c’est une erreur que, mieux informés, vous pouvez réparer sans forfaire à l’honneur ; si vous avez pris un engagement par contrainte ou par intimidation, rompez le du même droit que vous refuseriez de ratifier un contrat imposé par la violence. Votre vote, après tout, doit être l’accomplissement d’un devoir de conscience comme un verdict de jury, vous n’en devez aucun compte aux hommes, mais bien à Dieu, qui lit au fond des coeurs. Qu’au jour solennel de la lutte électorale, vous veniez sans fiel et partiez sans remords. Abstenez-vous de toute démonstration tendant à imposer à autrui un vote contraire à sa volonté. Respectez dans chaque citoyen le libre exercice de ses droits. Evitez la lâcheté du fort envers le faible ; et par-dessus tout, ne faites pas dire que la Révolution de février n’a servi qu’à substituer la tyrannie d’un peuple à celle d’un roi.

Patrons et ouvriers, un même intérêt désormais vous unit pour le bonheur, pour la sécurité de tous ; séparés, vous vous perdriez l’un et l’autre, et avec vous, vous perdriez la patrie. L’anarchie, ce fléau qui efface jusqu’ à leurs noms les nations qui s’y abandonnent, est un glaive impitoyable suspendu sur vos têtes. Opposez aux mauvaises passions votre amour pour la terre qui vous a vus naître, pour vos familles qui réclament votre appui.

Croyez en Dieu qui vous a donné la Liberté, l’Egalité, et vous a lègué, par le Christ, la Fraternité en qui repose le Salut de la Patrie. »

***

Extrait du Manuel des Electeurs, Nancy, Vagner, 1848

« Chapitre III : Moyens de trouver des représentants comme il en faut

Demande : Comment trouver les Représentants tels qu’ils conviennent à la France, et qu’elle les désire ?

Réponse : Pour les hommes instruits et versés dans les affaires, le choix est facile, dans les départements surtout où le nombre des Représentants n’est pas très considérable. On connaît assez d’hommes distingués par leurs sentiments, par leurs talents et par leurs mérites, pour trouver parmi eux des représentants convenables.

D. : Mais les électeurs des villes et des campagnes qui n’ont jamais pris part aux affaires politiques, et qui ne connaissent pas ces hommes, comment pourront-ils faire leur choix ?

R. : Il sera pour eux nécessaire de prendre des renseignements sur le choix à faire et de s’en rapporter à ceux de leurs compatriotes qui pourront les éclairer, et qui seront dignes de leurs confiances.

D. : Quels sont les hommes à qui les habitants soit des villes, soit des campagnes, pourront s’en rapporter pour faire leur choix, si d’ailleurs ils en ont les connaissances nécessaires pour les instruire ?

R. : Ceux dont ils connaîtront la capacité, la droiture d’intention, la probité à toute épreuve : ceux, en un mot, à qui ils confieraient plus volontiers et sans aucune crainte leur bourse, leur fortune, leur vie dans l’occasion.

D. : Mais il y aura sûrement une multitude de prétendants à la Représentation ! Chaque ville principale surtout voudra faire prévaloir les siens. Chaque arrondissement, chaque canton, parfois chaque commune, mettra le sien ou les siens en avant. Que faire devant une semblable concurrence ?

R. : Si l’on ne veut pas tout perdre et tout gâter, il faut que chacun fasse passer le bien public avant le bien particulier. Les prétentions individuelles, les influences locales, les affections personnelles, tout intérêt particulier doit disparaître devant l’intérêt général sans quoi les suffrages se trouveraient dispersés d’une manière vraiment déplorable, et ceux des campagnes, qui pourront partout faire pencher la balance, n’obtiendront aucun résultat pour le bien de la République.

D. : Ne pourrait-on faire des listes qui offriraient des noms honorables, dont les titre à la Représentation serient connus et pourraient être appréciés par une majorité notable des Electeurs de chaque département ?

R. : C’est sans contredit le meilleur et peut être l’unique moyen d’obtenir un résultat vraiment avantageux pour le pays. Il sera sûrement employé : des comités composés d’hommes honorables, dans les chefs-lieux de département surtout, se chargeront de préparer des choix de candidats, et en enverront les listes dans les différentes localités de chaque canton.[...]

D. : Mais il n’y aura pas qu’un seul comité et tous enverront leurs listes ; lesquelles faudra-t-il préférer ?

R. : C’est ici le point important : il sera facile, néanmoins, d’établir sa préférence. Les noms des membres dechaque comité porteront avec eux les sentiments et l’esprit du comité, et il y a toujours dans chaque commune assez d’hommes qui connaissent les uns et les autres, pour qu’après les avoir consultés, on puisse fixer son choix, selon les sentiments dont on est animé soi même.

D. : Ne sera-t-il pas bon d’organiser dans chaque commune une sorte de comité pour faire prévaloir les meilleures listes, et pour arrêter définitivement les noms sur lesquels on devra voter et écrire même ses bulletins ?

R. : Oui : et tous les honnêtes gens de chaque commune ne doivent rien négliger pour que les choses se passent ainsi.

D. : N’y aura-t-il pas à se défier de certains agents qui dans doute parcourront les rangs des Electeurs des communes à leur arrivée au canton, feront tous leurs efforts pour changer les bulletins et faire accepter en place des premiers ceux qu’ils tiendront dans leurs mains ?

R. : Oui ; beaucoup, et tous ceux qui auront fait des billets consciencieux devront bien se garder de leur en substituer d’autres pour aucune considération.

D. : Doit-on se rendre aux Elections ?

R. : Chacun devra s’y rendre avec autant d’empressement qu’il mettrait à courir au feu, s’il apprenait qu’un malfaiteur vient de livrer aux flammes sa propre maison ou celle de son voisin.

D. : Pourquoi cela ?

R. : Parce que si les Elections venaient à être mauvaises, comme il a été dit précédemment, ce n’est pas seulement la propre maison de chacun d’entre nous qui seraient en danger, mais le bien général, l’existence morale et physique de tous, la société toute entière. FIN »

***

(reproduire au préalable la couverture du Petit manuel du Paysan électeur, 1849) cote : Bibliothèque Historique de la Ville de Paris 8° 13676

Extrait du Petit manuel du Paysan Electeur, en formes de dialogues, Paris, Ledoyen, 1849, 66 pages, 10 centimes

tiré du « Huitième dialogue - Départ pour les élections », page 50 : [...] M. HARDY

« - En arrivant au canton, ne vous arrêtez pas dans les auberges ; car, mes amis, on tentera tous les moyens de vous soustraire vos billets et de vous en glisser d’autres. On vous caressera, on vous proposera à boire ou l’on vous menacera. Tenez bon ; ne montrez votre billet à personne.

JEAN

- Ne craignez rien. Nous connaissons ces gens là comme si nous les avions nourris. [...] »

(reproduire ici le Manuel de l’Électeur, de Ludovic de Marsay, 1849)

cote : Bibliothèque Nationale 8° Le 8/51

doc (4)

(Doc 5)

(reproduire ici la couverture du Manuel des élections de Bidault)

cote : Bibliothèque Nationale 8° Le 8/117

(doc 6)

(reproduire ici la couverture de la 1ère édition du Manuel électoral collectif de 1861)

cote : Bibliothèque Nationale 8° Le 8/57

***

Extraits de Coulon (Georges), Guide pratique de l’Electeur, précèdé d’une lettre de M. Jules Favre, Paris, A. Le Chevallier, 1868, 176 pages pages 57-59 : « [...] Chapitre 5 - Devoir de l’électeur pendant les vingt jours qui précèdent le vote

Cette période de vingt jours est ordinairement le signal d’une avalanche de circulaires, de lettres, de communiqués émanés de tous les agents de l’administration, depuis le plus élevé jusqu’au plus humble. Que l’électeur ne se laisse pas effrayer par ce tourbillon, il passera vite et ne laissera pas de traces. Ces messieurs de la préfecture sont habitués à rencontrer une telle obéissance que la moindre contradiction les irrite et leur semble un crime de lèse-majesté préfectorale. Quiconque ose soutenir un candidat qui n’est pas le leur est un ennemi systématique de l’Empire et un ennemi personnel de leur administration... Un candidat parle-t-il de contrôle et d’indépendance, « ce ne sont là que des équivoques et des habiletés de langage qui ne trompent personne, et qui cachent l’arrière pensée de renverser le gouvernement. » (Cf. circulaire du Préfet de Lot-et-Garonne, mai 1863)

Un candidat déclare-t-il que les événements dont il a été le témoin attentif depuis douze ans, au lieu d’ébranler ses convictions, les ont fortifiées, M. le Préfet le traite de « suspect » et « d’ennemi ». (Cf. communiqué du Préfet de la Gironde au « Courrier de la Gironde », mai 1863)

Ailleurs ce fonctionnaire est pathétique et dépourvu de modestie : « Ayons l’esprit de corps, dit-il au corps des pompiers, et que chacun de vous marche au scrutin ayant pour guides dans son coeur son Empereur, son pays et son Préfet. » (Cf. circulaire du Préfet de l’Eure, mai 1862).

Messieurs les Maires, se piquant d’exemple, portent aussi loin que possible l’exagération de leur zèle. Il semble à les entendre, que le vote ne soit plus l’accomplissement d’un devoir, mais une occasion offerte à la spéculation. « Remplissons fidèlement les intentions de M. le Préfet, dit l’un, chaque électeur doit se faire un devoir de remplir cette obligation si légère à réaliser ; par ce moyen, je suis convaincu d’un avenir favorable pour la commune. » [...].

page 61 :Actes de corruption.

Il est arrivé que la veille de l’élection on ait vu tout un personnel d’ingénieurs se mettre en campagne. Ils posent des jalons et prennent des niveaux. Ils s’agitent. Le public s’étonne, il devient indiscret et interroge. On lui répond confidentiellement qu’il s’agit d’un projet de chemin de fer. Quoi ! Cette ligne si vivement désirée et depuis si longtemps, passerait sur cette rive du fleuve ?

« Vive M. le Préfet !, crient les habitants de la rive droite. Votons pour son candidat ! » Mais les ingénieurs s’agitent aussi sur l’autre rive ; même étonnement, même question, même réponse.

« Vive M. le Préfet ! crient les habitants de la rive gauche. Votons pour son candidat ! »

Cependant au premier abord, il semble difficile qu’une même ligne de chemin de fer puisse passer à la fois sur l’une et l’autre rive. On interroge le Sphinx préfectoral, il répond par son sourire plein de promesses. Des deux côtés du fleuve les malins comprennent qu’il faut avant tout mériter les faveurs pour les obtenir, et des deux côtés on se rend au scrutin comme on irait aux enchères. Les candidats du gouvernement sont élus par acclamation ; mais, au retour, c’est en vain que les trop confiants électeurs cherchent les traces des beaux projets qui les ont ravis. Les ingénieurs ont fui avec la rapidité d’une espérance déçue, et le sourire de M. le Préfet a duré ce que dure un beau rayon de soleil dans un hiver brumeux. Construction d’une route, réparation d’unchemin vicinal,pavage d’une rue, établissement d’un pont, d’une passerelle, construction d’une nouvelle église, réparation du clocher, don de fonds baptismaux, ouverture d’une halle, d’un marché, d’un lavoir, création d’une fontaine, embellissements à la justice de paix, à la mairie, à l’école des garçons, à l’école des filles, à la salle d’asile, libre paissance, coupe de bois, partage des communaux, diminution ou remise des prestations, les mains de l’autorité administrative sont pleines de toutes ces richesses. Elle n’a qu’à les ouvrir pour faire tomber comme une pluie d’or sur les populations ébahies. La libéralité est habituellement accompagnée d’une lettre de M. le Préfet au maire de la commune, dans le style de celle-ci :

« Je me plais à croire que le conseil municipal et la population auront à coeur de reconnaître cette nouvelle marque d’intérêt en donnant un éclatant témoignage de leur






Laurent Quéro


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Corpus bibliographique des manuels électoraux français (1790 - 1995). Partie 2.



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Objets d’élection : les manuels électoraux français (1790-1995)



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Corpus bibliographique des manuels électoraux français (1790 - 1995). Partie 1.



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Corpus bibliographique des manuels électoraux français (1790 - 1995). Partie 3.




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