Jeunesse et genèse d’un groupe politique : « le groupe gambettiste »
Paru dans la Revue d’histoire du XIXe siècle numéro 2000 20/21
De nombreux travaux biographiques s’accordent sur l’importance du rôle de Léon Gambetta dans l’avènement de la Troisième république, en mettant en avant ses qualités " exceptionnelles ". Nous entendons ici rompre avec ce type d’analyse en montrant ce que son action politique doit à une entreprise collective de mobilisation, fondée sur la mise en scène de son " charisme ". Le groupe qui se construit sous le Second Empire dans les cafés du quartier latin se compose de jeunes provinciaux dépourvus, pour la plupart, d’une légitimité sociale qui leur aurait assuré un accès privilégié aux carrières politiques. Ils découvrent, dans ce regroupement - et le partage des rôles qui s’y opère - un moyen d’accumulation de l’avantage politique que des intérêts communs et de réels liens amicaux viennent justifier mieux que tout autre stratégie. C’est cette économie de relations qui va se traduire par une forme nouvelle de division du travail politique - entre la presse et le Parlement - que nous retiendrons sous le terme de " groupe gambettiste " dont nous nous proposons de restituer la genèse.
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