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Cahiers de sociologie politique de Nanterre
Scalpel

« Faites un groupe »

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Le travail ethnographique (comme la manière de construire ou de lire un tableau statistique) ne s’effectue pas uniquement en situation. Comment comprendre que ce que l’on a vu et entendu renvoie certes à la position occupée dans les lieux, mais aussi et avant tout, à sa marque sociologique de fabrication des objets ? Un rapport innocent de l’observateur, non plus avec l’objet observé, mais avec ses catégories de perception sociologiquement fondées, peut biaiser l’analyse jusqu’à n’en faire qu’une nouvelle démonstration de son savoir-faire dans la lignée de ses travaux passés. L’exercice maîtrisé de l’ethnographie, loin de constituer une fin en soi, permettrait de mieux saisir ce que l’on n’est pas encore entraîné à voir académiquement, de mieux revenir sur ses tics d’observateur en neutralisant les effets du champ universitaire subis par l’enquêteur.

La présence physique du chercheur sur les lieux de l’action a fait l’objet de nombreuses réflexions, le plus souvent tournées vers les répercussions de cette présence sur le déroulement de l’action ou axées sur les formes de son intervention lui permettant de maintenir là sa posture d’observateur. Le primat a ainsi été largement octroyé à la logique de la situation, oubliant dans ces problèmes de méthodes que l’observateur, fabriqué socialement à percevoir la réalité, pose en même temps le problème de ses prédispositions à ne voir que ce qu’il peut ou que ce qu’il doit. L’ethnographie peut alors n’être incidemment qu’une méthode de travail permettant au sociologue de mettre en oeuvre ses schèmes de perception, déduits, construits et élaborés à partir d’autres données (quand ce n’est pas sur d’autres objets) et considérés à nouveau comme efficaces. Dans cette logique toujours, le travail ethnographique ne permettrait que d’assurer sa propre constance sociologique en sélectionnant dans le réel ce qui est sociologiquement dicible du fait de la position qu’il pense occuper dans cet espace. Le sociologue, agi par cette force productrice d’habitudes scientifiques qu’est l’habitus, n’engage dans sa description que les catégories de perception issues et validées dans sa pratique scientifique. En ayant l’impression de percevoir et de comprendre ce qui lui saute plus ou moins aux yeux, il en oublierait déjà que sa perception de la situation entre harmonieusement dans sa production, celle qui découle de sa pratique comme celle qu’il pense devoir être la sienne.. En même temps, il méconnaîtrait qu’il a été formé à l’observation par ses expériences passées et le crédit constitué sur ces textes : il oscillerait alors dans sa restitution des faits entre ce qu’il ne pouvait que voir et ce qu’il trouvait sociologiquement compréhensible.

L’observation présentée ici de l’AG du 14 décembre 1995 à la Gare Saint-Lazare a eu lieu en deux temps. Les notes prises lors de l’AG ont été laissées de côté pendant presque un an. Relues et rédigées seulement après, elles apparaissent floues, parfois même indéchiffrables, ou, à l’inverse, d’une cohérence sociologique presque trop parfaite. Tout se passe comme si ce qui avait présidé à leur inscription sur le carnet s’était évanoui, seuls subsistant les éléments retenus par les cadres les plus solides de la pensée : la perception des objets (couleur, agencement) et les questions de recherche soulevées avant et continuées après (comment se forment les groupes). Cette ethnographie est donc un résidu, ensemble des éléments conçus alors comme compréhensibles et maintenus dans la mémoire grâce à ce qui avait permis de les percevoir. Le pointillisme de la restitution en sort affaibli mais un problème reste saillant : ce qui s’est évanoui est-il le fait de l’observateur (ce que l’on appellerait rapidement sa mémoire) ? Ce qui reste est-il dù au fait que les cadres de l’expérience observée, par trop étroits et dépendants du savoir-faire des agents en présence dans l’AG, ne permettent de fixer et de comprendre que ce qui rentre facilement dedans, au détriment des à côté et des marges ?

11h50

Le rendez-vous était dans le hall de la Gare St-Lazare face à la porte 10. Impressions bizarres. Au bruit et à l’enchevêtrement des voitures au dehors, succèdent le silence quasi absolu, le vide dans la gare. Aucun train à quai, aucun passant dans la salle des pas perdus, aucun papier par terre ni cigarettes écrasées. Juste les trois autres ethnographes qui arrivent.

Porte 10, face aux voies desservant habituellement Nanterre et Versailles. Aucune indication sur la porte. En service normal, je ne l’avais jamais remarquée tant elle se fond dans les murs. Là, entrouverte, elle est le seul objet qui bouge, par lequel une ou deux personnes entrent pendant que nous attendons.

12h00 - 12hl5

Attente devant cette porte puis, une fois admis dans les lieux, nouvelle attente de la fin de l’AG des agents de conduite qui se tient ailleurs. Entre la porte et le lieu de l’AG, un escalier et un long couloir constituent un décor déjà entrevu dans d’autres immeubles de la SNCF. Lors d’entretiens avec les membres de la direction TGV (dans les anciens bureaux du réseau PLM encore inscrit au fronton de l’immeuble près de la gare de Lyon), j’avais déjà éprouvé ce décalage entre le modernisme du TGV (présent en maquettes et sur des photos dans les lieux) et l’aspect des lieux : la peinture délavée et ternie, les banquettes en moleskine verte usées, la hauteur des plafonds et la largeur des escaliers laissaient deviner les fastes passés et l’absence de travaux depuis la nationalisation. A la gare St-Lazare, porte 10, le décor ne rappelle pas les fastes passés mais celui des trains grandes ligne d’il y a vingt ans et, en même temps, certains éléments mobiliers des écoles communales.

Au mur : photos encadrées par du chrome et agrandissements en noir et blanc de régions et villes de France. Le choix des thèmes est à peu près aussi clair que celui qui présidait à l’affichage de ces mêmes cadres dans les wagons voyageurs : dans les trains les photos ne représentaient jamais une ville dans laquelle on allait passer, là, aucun paysage ne figure une destination assurée par St-Lazare.

Autour des photos, la peinture date visiblement, le carrelage aussi (mosaïques triangulaires coquille d’oeufs et marron). La salle, rectangulaire, est ouverte par des fenêtres sur le mur qui me fait face, cloisonnée par des colonnes autour de moi. Au deux tiers, des tables sont disposées comme des bureaux. Épars, le long des murs et au fond, sièges et bancs sont encore inoccupés.

Arrivées progressives des participants, prenant progressivement place dans cet espace. Quelques femmes embrassent l’homme qui tient le micro devant le bureau. Éparpillés, le long des colonnes et sous les fenêtres, des petits groupes de deux ou trois personnes se forment, parlent. Une ou deux personnes vont et viennent. Le brouhaha commence à poindre, les discussions. sans être vives, ne se font pas mezza voce. La fumée commence a se disperser même si le panneau « interdiction de fumer » est affiche (depuis moins longtemps que les photos).

Un premier interlocuteur m’adresse la parole pour savoir si je ne suis pas journaliste et, peu surpris d’apprendre que je viens de l’université, précise qu’il n’y a pas de problème à rester là mais que, pour les journalistes, « on préfère faire un point presse dehors une fois l’AG terminée ».

12h25

Des groupes de discussion sont formés. Le nombre des participants oscille entre quatre et huit personnes. En tout, il semble y avoir une petite trentaine de présents. Une lettre adressée à Juppé est distribuée, rédigée suite à l’AG de la veille. Un deuxième interlocuteur m’aborde portant un badge « CGT Union des cadres de maîtrise ». Il m’explique que St-Lazare est plus difficile à cause de l’éloignement des agents (j’en déduis qu’il veut dire qu’ils habitent loin de la gare et ne peuvent venir facilement en ce moment). Une autre précision : ils n’ont pas voulu de coordination comme en 1986 parce que les AG « c’est plus démocratique ».

12h35

La rumeur circule que les agents de conduite ont annoncé la reprise. Le titulaire du micro annonce que la parole va être donnée dans l’ordre aux organisations syndicales. Les groupes arrêtent leur discussion et les individus se tournent vers le bureau en gardant à peu près leurs emplacements, certains s’asseyant sur les sièges disponibles, d’autres restant debout au fond de la salle principalement.

Premier orateur, CGT, lance un appel à la manif de samedi et présente les mots d’ordre (premiers applaudissements).

Deuxième, CFDT, commence alors que les discussions dans la salle ont définitivement pris fin. « Nous on a le droit de faire la révolution mais il faut en avoir les moyens » est dit alors que deux photographes entre dans la salle. fi continue, ne les ayant pas remarqués, en précisant « qu’on a remis les clés de J’ECT (l) au patron dignement ». Son appel à poursuivre jusqu’au lendemain 10 heures est salué par de vifs applaudissements. Ses arguments suscitent des approbations (hochements de têtes principalement) - le refus de mener des opérations commandos et l’inutilité de renverser Juppé qui a « la légitimé républicaine ».

L’orateur de FO fait une intervention plus courte, soulignant qu’il est toujours dans le mouvement. Les applaudissements se font de plus en plus nets.

Le quatrième parle au nom de la CGT maîtrise, Il commence son intervention mais est coupé par l’arrivée de D., agents de conduite CFDT qui vient de l’AG dont on attendait la fin pour commencer, Grand, lunettes, veste de cuir, les mains dans les poches, il parle à gauche du bureau de l’AG qui vient de se terminer. Les débats houleux, le partage des présents à 50/50, ont néanmoins amené l’AG à un accord sur le reprise « tous ensemble ». La date de la reprise est restée en suspens : elle doit être négociée avec le « patron » (de St-Lazare) et doit tenir compte d’éléments inconnus (état des rails, des conducteurs).

De nouveaux applaudissements fusent. Les discussions reprennent entre les groupes formés avant les prises de paroles syndicales. Une phrase, nette et sonore, sort du groupe qui discute derrière le bureau composé des orateurs intervenus et de l’agent D. : « attend de savoir ce que font les autres ».

13h00

Le débat est ouvert, le micro étant transmis à ceux qui manifestent l’intention de prendre la parole. Les tours de parole vont ainsi concerner des individus désormais dans la salle, en commençant le long du mur face à moi pour aller jusqu’au fond de la salle. Un « copain » intervient en premier pour revenir sur la grève générale. Il souligne que la démocratie s’est exprimée et que les confédérés se sont mobilisés. Les applaudissements atteignent un niveau encore supérieur.

A l’inverse, les deuxième et troisième intervenants soulèvent de moins en moins d’enthousiasme. Les apartés fusent lorsque le dernier à prendre la parole, se présentant comme CFDT, soulignent que des « secteurs » de la SNCF n’ont pas bougé (« Slf. », « lesquels ! », ponctuent cette affirmation dans les groupes qui m’entourent). Le ton monte encore un peu autour de moi lorsque le même orateur demande le vote à bulletin secret - « c’est démago », « c’est un FN » précise en se retournant un homme assis au premier rang à ma gauche.

Le quatrième intervenant, laisse la salle silencieuse à part un seul applaudissement qui s’arrête dans son élan. L’attention reprend, les applaudissements aussi avec l’intervention critique du cinquième sur la part prise par les fédérations dans le mouvement. L’approbation est encore plus nette, lorsque le 6è, précisant qu’il est CGT, affirme que la « base est prête » et « les menteurs on les connaît ». Deux derniers orateurs se succèdent mais l’attention décline et les applaudissements ne saluent que de plus en plus modérément leurs prestations. La référence au propos télévisés du président de FO (« personne n’a appuyé sur un bouton pour faire partir le mouvement ») ne provoquent aucun écho. De même, la critique portant sur la personne de N. Notat n’est que peu écoutée : les conversations particulières ont repris. Un spectateur, assis devant moi, déplie lHumanité et commence, ou fait montre de lire pendant que le premier orateur reprend le micro et tente de réanimer l’assistance. Deux fumeurs, en quête de feu, approchent pour profiter du briquet allumé que je tiens à la main : « vous y allez à la manif ».

Le micro, revenu au bureau, est maintenant dans les mains du représentant « CGT maîtrise » qui annonce qu’on passe aux « décisions ». Les votes se suivent : pour, contre, abstention à main levée sur les thèmes suivants. Envoi d’une lettre aux confédérations (« on peut l’envoyer par la Poste » rigole le lecteur de L’Huma) : adoptée. Demande de voter à bulletin secret : rejetée. Pour la grève : 2 contre, 6 abstentions, Les applaudissements, plus espacés et en même temps plus long, crépitent. La voix essaie de les couvrir.

« la prochaine AG aura lieu à 12h00, demain ».

13h30

La salle prend une autre configuration. Comme au début, lors de l’arrivée des participants, des groupes moins nombreux discutent. L’arrivée d’un journaliste et d’un cameraman (portant un matériel vierge de tout autocollant identifiant une chaine) perturbe cet agencement. Des têtes se tournent vers eux. Les conversations semblent moins soutenues. Quelques petits et rares groupes semblent ne pas les avoir vus. Le journaliste, abordé par des individus qui étaient proche du bureau, demande quelqu’un de « représentatif » à St-Lazare. Le cameraman filme (ou règle sa caméra, ou fait semblant de filmer sans lumière) le tract « CGT maîtrise » pendant qu’un participant de l’AG explique rapidement ce qui vient d’être adopté et précise tout aussi rapidement qui est qui. Le journaliste et le cameraman semblent s’accorder sur ce qu’ils vont faire puis parlent chacun de leur côté avec ceux qui les entourent de l’emplacement où vont être prises les images. L’interviewé est maintenant identifié et accepté par tous. Le journaliste, parlant à tous ceux qui l’entourent, leur précise qu’il ont « le droit de se mettre derrière lui ». Notant rapidement le nom de celui qui va parier, le journaliste attend que le cameraman soit prêt. Il épaule mais une des silhouettes passe par devant, un badge « CGT Paris » à la main et le colle sur le pull du futur interviewé. Tous se remettent en place derrière lui. Le cameraman pointe son objectif vers le soi, lève sa main droite en l’agitant - « faites un groupe », « resserrez », « prêt » -. La caméra remonte à l’horizontal, droit sur le groupe. La main gauche prend l’objectif « Allez ».

Le journaliste, parlant de l’AG qui représente « les gens de St-Lazare », est repris par un individu derrière l’interviewé, portant lui aussi un badge CGT, parce qu’il y a « des » AG sur St Lazare, Le micro va vers l’interviewé qui explique, un peu ébloui par la lumière produite par la caméra, que la reprise est pour bientôt. Un autre derrière demande, incrédule, « la reprise ? ».

Le cameraman éteint son flash et arrête l’enregistrement. Maintenant la caméra posée par terre, il peut allumer une cigarette tout en discutant avec quelques uns des mérites de son matériel. Le journaliste remet son parka. « Non, on ne retiendra pas tout mais l’essentiel passera aux infos ». Remerciant les uns, serrant la main de son interlocuteur, les deux hommes de télévision s’en vont. Il ne reste pas plus de dix personnes dans la salle. « Mais, au fait, c’était quelle télé ? » demande une des silhouettes en s’allant.

13 h 40

Bistrot en bas de la rue de Rome- Notre table, quatre bières, cigarettes et pipe allumées. Derrière à droite une autre table : quatre assiettes, une bouteille de Bordeaux, quatre intervenants lors de la discussion maintenant « débadgés ». Échange de regards, comme s’il n’y avait rien eu. Coups de fourchette, gorgées de bière. 14 h 00. Départ à pied, à quatre, vers la Madeleine.






Guillaume Courty


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