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Cahiers de sociologie politique de Nanterre
Scalpel

Séminaire de recherche : savoirs et idéologies en politique

Auteur

Savoirs et idéologies en politique. Genèse, circulation, transmission

Séminaire du Groupe d’Analyse Politique – Paris Ouest Nanterre

Responsables : Arnault SKORNICKI et Laurent BONELLI

CALENDRIER DES SEANCES

14 octobre 2009 – 14-16h : « Le social sur mesure ? La personnalisation du Welfare State britannique et ses entrepreneurs », par Jérôme Tournadre-Plancq (chargé de recherche au CNRS, ISP)
18 novembre – 14-16h : « Le "parti libéral" d’Edouard Laboulaye sous le Second Empire », par Antoine Schwartz (GAP, Paris Ouest Nanterre)
16 décembre – 14-16h : François Denord (chargé de recherche au CNRS, CSE) sur le néolibéralisme français [titre à venir]
20 janvier 2010 – 14-16h : « Rationalisme moderne et philosoviétisme : la construction d’une tradition marxiste dans le monde intellectuel français des années 1930 » par Isabelle Gouarné (CSU/ CERLIS).
17 février – 14-16h : Blaise Magnin (GAP, Paris Ouest Nanterre) sur le savoir politique des militants socialistes « ordinaires » [titre à venir].
17 mars – 14-16h : Gilles Favarel-Garrigues (CNRS–CERI) Savoirs policiers et bancaires dans la lutte contre l’argent sale.
14 avril – 14-16h : « Théorie et pratique de l’historicisation conceptuelle : une relecture sociologique de la Begriffsgeschichte  » par Xavier Landrin (GAP, Paris Ouest Nanterre).
19 mai – 14-16h : Peter Campbell (Sussex/Versailles-Saint-Quentin), sur le patriotisme dans la France des Lumières [titre à venir]

Les séances ont lieu le mercredi de 14h00 à 16h00, bâtiment F – Salle des Actes (141)
200, avenue de la République 92001 NANTERRE
Accès par le RER A en direction de St-Germain en Laye.
Station Nanterre-Université

Ce séminaire est ouvert à tous les chercheurs et les doctorants intéressés par le sujet.

PRÉSENTATION
Les idées ne mènent pas le monde, et pourtant le rapport social au monde est toujours constitué par des concepts, schèmes et représentations qui informent le regard et la pratique des individus et des groupes. Ce séminaire se propose de revenir sur le rôle des savoirs, de toute nature et de toute dignité, dans la construction de l’ordre politique : mathématiques, sciences de la nature, sciences sociales et sciences morales et politiques ; savoirs savants, militants, populaires, bureaucratiques ou pratiques. « L’histoire des théories de légitimation fait toujours partie de l’histoire de la société », expliquaient jadis deux célèbres sociologues de la connaissance ; ajoutons que ces théories puisent aussi dans des savoirs non « politiques », ou du moins non réputés comme tels.
Ce nouveau séminaire du Groupe d’Analyse Politique entend aussi décloisonner diverses approches : histoire des idées, sociologie des intellectuels, sociologie des sciences et des controverses, sociologie de la réception et des lecteurs, analyse des idéologies. Si l’objectif paraît ambitieux, il se justifie par un problème général qui se trouve au croisement de toutes ces disciplines : la construction d’une sociologie politique des savoirs, soit des savoirs convoqués par la politique ou orientés vers lui, ce qui nécessite de varier les focales – entre production, circulation et usages, transmission et éducation. Nous donnons ici quelques linéaments d’un programme en chantier :
1) Genèse.
L’histoire sociale des idées et des représentations s’est notablement développée sous l’impulsion de la sociologie du champ intellectuel (P. Bourdieu, D. Roche, R. Chartier, Ch. Charle, G. Sapiro, A. Boschetti…). Celle-ci a permis de rompre avec l’exégèse érudite en élucidant les conditions sociales et matérielles de ces productions symboliques, et en mettant en évidence la spécificité de cet espace social. Elle a ainsi conduit à revaloriser l’autonomie des prises de position des producteurs de biens intellectuels : le rapport des intellectuels à la politique n’est pas l’expression directe d’intérêts de groupes sociaux en concurrence pour la domination de l’État (théorie du reflet), mais une élaboration rationnelle de ces intérêts qui se fait au prisme de leur espace social propre et des dispositions afférentes (modèle de la réfraction). Ils se disputent entre eux la bonne définition de la réalité politique, et c’est pourquoi les penseurs politiques peuvent opérer en tant qu’apologistes du statu quo ; en tant qu’audacieux réformateurs ; comme des révolutionnaires intransigeants ; des militants les plus directement engagés jusqu’aux universitaires les plus détachés, en passant par les experts organiques.
À cet égard, la sociologie de la production des idées ne doit pas perdre de vue les idées elles-mêmes, souvent négligées dans ce type d’approche, bien qu’elle constitue un premier pas vers le dépassement de l’opposition analyse interne/analyse externe. L’analyse sociale des textes et des argumentations, comme produits culturels spécifiques, est strictement parallèle à celle de leurs producteurs, eux-mêmes spécifiques. Les « idées » ne reflètent rien, mais répondent à quelque chose : elles constituent une forme d’action que les intellectuels déploient avec les seules armes qu’ils maîtrisent – un capital culturel distinctif. C’est à ce point que l’apport méthodologique de l’École de Cambridge peut s’emboîter avec l’approche sociologique : les stratégies rhétoriques et argumentatives sont parties intégrantes des stratégies sociales, et constitutives du « sens » de leur action ; l’analyse de contenu doit ainsi viser à dégager les conventions qui régissent de l’intérieur les régimes de discours politiques, et de déterminer leur caractère performatif.

2) Circulation.
Que la circulation soit celle de biens idéologiques vers le marché politique, ou d’une aire culturelle à une autre (la circulation internationale des idées), la « diffusion » et la « réception » des idées ne sont autres que les réappropriations différenciées de celles-ci rendues possibles par des vecteurs, traducteurs et passeurs : soit tout support intéressé à rendre intéressants des concepts, schèmes, slogans, etc. La réception est une consommation productive de biens intellectuels, qui fait de la lecture un usage et un « braconnage » (M. de Certeau), plus ou moins orienté vers, ou sollicité par, les acteurs de l’ordre politique (R. Chartier, B. Pudal & C. Pennetier). C’est ainsi que des productions intellectuelles relativement pointues élargissent leur public au point de devenir des idéologies, mais aussi des utopies : des visions du monde social et systèmes de croyances plus ou moins partagées (K. Mannheim). En ce sens, les idéologies ne sont pas de simples reflets des processus institutionnels, car elles peuvent affecter en retour l’ordre politique, si tant est que des acteurs et des institutions s’en saisissent. C’est l’« absolutisme » ou « l’humanisme civique » en leur temps, le « socialisme » ou le « néolibéralisme » en un autre, ici la « Troisième Voie » (A. Giddens) ou « l’équité » (J. Rawls), là la « sécurité ». Mais il peut aussi s’agir d’idéologies scientifiques (G. Canguilhem) qui tirent leur légitimité d’une rhétorique savante (ex. le darwinisme social), ou qui charrient avec elles tout un inconscient politique surtout quand elles se veulent apolitiques (comme certaines formes de science économique ; la science des sondages et de l’opinion publique). Les idées ne tirent pas leur force de leur seule force logique, mais de la force sociale qui s’en empare et qui leur donne leur efficacité politique.

3) Transmission.
Au-delà de la formation d’idéologies concurrentes, et en franchissant un palier supplémentaire dans la montée en généralité, la pérennisation de systèmes de formes symboliques sur une longue durée (plusieurs générations) pose la question de la transmission des savoirs en politique, c’est-à-dire de leur contribution aux catégories durables de l’entendement politique. Comment saisir la cristallisation des systèmes de formes symboliques (Cassirer), des représentations collectives (Durkheim), des paradigmes (Pocock), des épistémè (Foucault) ? Comment étudier l’objectivation des cadres de la raison politique ? La question de la transmission pourrait ainsi se décliner sous deux angles : celui du « travail de l’œuvre » (C. Lefort), par lequel se superposent des strates successives d’interprétations susceptibles de se constituer en « traditions », largement autonomes par rapport à leur auteur de référence (le machiavélisme, le marxisme, « Tocqueville »). Elle concerne également l’éducation et la scolarisation comme modes d’unification culturelle des élites, ou de création d’un marché national homogène des biens symboliques. En ce sens, l’École est le dernier chapitre et peut-être bien le plus décisif d’un programme de sociologie politique des savoirs.
Ce séminaire est ouvert à tous les politistes, historiens, sociologues, et tous les chercheurs intéressés à la question des rapports entre savoirs et politique.







Activités du Gap
Dans ce numéro
Groupe d’analyse politique



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Savoirs et idéologies en politique, 2011-2012

Savoirs et idéologies en politique Genèse, circulation, transmission Séminaire du Groupe d’Analyse Politique Un Mercredi par Mois, de 14h30 à 16h30 Bâtiment F — Salle des Actes (141) Calendrier des Séances 16 novembre 2011 : « Comment peut-on être économiste (au XVIIIe siècle) ? Contribution à une généalogie de la croyance économique », par Arnault SKORNICKI (GAP, Paris Ouest Nanterre) 14 décembre 2011 : « Comment peut-on être européaniste (en Corée du Sud) ? Genèse (...)

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Séminaire Savoirs et idéologies en politique 2010-2011

Savoirs et idéologies en politique Genèse, circulation, transmission Séminaire du Groupe d’Analyse Politique Paris Ouest Nanterre Responsables : Arnault SKORNICKI & Laurent BONELLI Calendrier des Séances 2010-2011 Le Mercredi,14h-16h — Bâtiment F – Salle des Actes (141) 17 novembre 2010 : « La mesure de l’assimilation pour la naturalisation. Technique administrative et savoir scientifique », par Abdellali Hajjat (Maître de conférence en science politique, (...)

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